Cette rencontre de haut niveau a offert l’occasion aux autorités centrafricaines de s’imprégner du modèle de développement mis en œuvre par la Côte d’Ivoire depuis plus d’une décennie.
Ce qu’il faut comprendre
Au cours des échanges, Dr Souleymane Diarrassouba a présenté les principales avancées enregistrées par le pays grâce à la mise en œuvre successive de trois Plans nationaux de développement (PND) depuis 2012. Cette continuité dans la planification économique, portée sous le leadership du Président de la République, Alassane Ouattara, a permis à la Côte d’Ivoire de maintenir une trajectoire de croissance robuste tout en renforçant sa résilience face aux chocs économiques, sanitaires et géopolitiques. Le ministre ivoirien a notamment mis en avant les progrès réalisés dans la gouvernance économique, la transformation structurelle de l’économie et l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux.
L’un des principaux enseignements de l’expérience ivoirienne réside dans la consolidation de sa crédibilité financière sur les marchés internationaux. L’entretien a également permis de revenir sur les performances économiques et financières enregistrées par le pays.
Les autorités ivoiriennes ont notamment souligné l’amélioration de la notation souveraine de la Côte d’Ivoire auprès des principales agences internationales, un indicateur qui traduit la confiance des investisseurs et des partenaires financiers dans la solidité de l’économie nationale. À cela s’ajoute le maintien du pays dans la catégorie des États présentant un risque « faible » de surendettement, selon la dernière analyse de viabilité de la dette. Une situation qui conforte la capacité du gouvernement à mobiliser des financements pour soutenir ses ambitions de développement tout en préservant la soutenabilité des finances publiques.
Les discussions ont accordé une place importante au nouveau Plan national de développement 2026-2030, qui constitue désormais le principal cadre stratégique de transformation économique et sociale du pays. Ce programme s’inscrit dans la vision présidentielle de « bâtir une Grande Nation Stable, Ambitieuse et Solidaire » et prévoit un volume global d’investissements estimé à 114 838,5 milliards de FCFA sur la période. Le secteur privé est appelé à jouer un rôle central dans sa mise en œuvre, avec une contribution attendue de 70,2 % des investissements programmés.
La mobilisation des ressources semble déjà engagée. Lors du Groupe consultatif organisé les 8 et 9 juillet 2026, les partenaires techniques et financiers ainsi que les investisseurs ont exprimé des intentions de financement évaluées à 47 820 milliards de FCFA, témoignant de l’intérêt suscité par les perspectives économiques de la Côte d’Ivoire.
Dr Souleymane Diarrassouba a également présenté à son homologue centrafricain la méthodologie qui a présidé à l’élaboration du PND 2026-2030. Cette démarche repose sur un large processus de consultation associant administrations publiques, secteur privé, société civile, collectivités territoriales et partenaires au développement. L’objectif est de garantir une meilleure appropriation des réformes et de renforcer leur efficacité sur le terrain.
Pour Marc Mandaba, dont le pays met actuellement en œuvre son propre Plan national de développement couvrant la période 2024-2028, l’expérience ivoirienne représente une source d’inspiration importante. Le ministre centrafricain a salué les résultats obtenus par la Côte d’Ivoire et exprimé l’intérêt de Bangui pour les mécanismes de planification et de suivi-évaluation mis en place par les autorités ivoiriennes.
Au-delà des questions liées à la planification du développement, les deux responsables ont abordé les perspectives de coopération économique entre leurs pays.
Dr Souleymane Diarrassouba a plaidé pour une intensification des échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire et la République centrafricaine, estimant que les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) doivent être davantage exploitées.
Cette intégration accrue pourrait favoriser le développement des échanges de biens et de services, stimuler les investissements croisés et renforcer l’interconnexion des économies africaines dans une logique de croissance partagée.
À l’issue de l’audience, les deux ministres ont convenu de poursuivre les concertations entre leurs administrations respectives afin de renforcer les échanges d’expériences et la coopération technique.
Ils ont également exprimé leur volonté de mettre en place un mécanisme de dialogue structuré et permanent entre Abidjan et Bangui, destiné à accompagner les efforts de développement des deux pays et à consolider leurs relations économiques.
Alassane Guindo

