Pendant deux jours, responsables gouvernementaux, institutions régionales, organismes de bassin, experts et partenaires techniques et financiers se réunissent au Radisson Blu pour réfléchir à l’avenir de cette ressource stratégique et aux moyens de mieux la valoriser.
Ce qu’il faut comprendre
Une gestion qui impose la coopération
À l’ouverture des travaux, le ministre ivoirien des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a rappelé que l’Afrique de l’Ouest compte 28 bassins hydrographiques partagés, couvrant près de 71% de sa superficie. Les fleuves Niger, Sénégal, Volta, Comoé et Gambie, ainsi que le lac Tchad, illustrent l’interdépendance qui lie les États de la région.
Cette réalité rend indispensable une gestion concertée des ressources en eau. Au-delà des frontières nationales, l’eau s’impose désormais comme une question régionale, appelant un dialogue permanent et des politiques coordonnées.
Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a invité les États à transformer cette interdépendance en une force collective. « Gérer l’eau, c’est bâtir la confiance entre les États, harmoniser nos politiques », a-t-il déclaré, appelant à faire de cette ressource un vecteur de paix et de développement.
L’hydrodiplomatie au cœur des échanges
Le chef du gouvernement ivoirien a également mis l’accent sur l’hydrodiplomatie, perçue comme un outil de dialogue, de coopération et de stabilité entre les pays partageant les mêmes ressources hydriques.
Dans cette perspective, Robert Beugré Mambé a plaidé pour l’institutionnalisation du FREAO comme rendez-vous biennal consacré aux enjeux liés à l’eau en Afrique de l’Ouest.
Les travaux s’articulent autour de quatre priorités : le nexus eau-énergie-alimentation-environnement, le financement des infrastructures hydrauliques, la participation des femmes et des jeunes, ainsi que la coopération régionale et l’hydrodiplomatie.
Vers une position commune
À quelques mois de la Conférence des Nations unies sur l’eau, prévue à Abu Dhabi, la Côte d’Ivoire souhaite faire émerger, depuis Abidjan, une position ouest-africaine commune sur la gestion et la valorisation de la ressource.
Avec 28 bassins hydrographiques partagés, 71% de son territoire concernés et près de 500 millions d’habitants, l’Afrique de l’Ouest mesure l’ampleur du défi. L’eau apparaît à la fois comme une richesse à préserver, une responsabilité collective et un levier de transformation économique et sociale.
À travers le FREAO, les États de la région entendent renforcer le dialogue et faire de la gestion concertée de l’eau un instrument de coopération, de paix et de stabilité.

